Fiche – Model Context Protocol (MCP)

22 juillet 2026.

Présentation générale

Le Model Context Protocol, généralement désigné par l’acronyme MCP, est un protocole ouvert permettant à une application d’intelligence artificielle de se connecter de manière standardisée à des sources de données, à des logiciels et à des outils externes.

Le protocole a été présenté publiquement par Anthropic le 25 novembre 2024. Il répond à une difficulté structurelle des systèmes d’intelligence artificielle : un modèle de langage ne connaît normalement que les informations comprises dans son entraînement et celles qui lui sont fournies dans la conversation. Il ne peut pas, par lui-même, consulter une base documentaire privée, rechercher un dossier dans un logiciel métier ou accomplir une opération dans une application.

MCP fournit une interface commune entre l’application d’IA et ces ressources externes. La documentation officielle le compare à un port USB-C pour les applications d’intelligence artificielle : au lieu de créer une intégration particulière pour chaque combinaison de modèle, de base et de logiciel, les développeurs peuvent adopter un protocole commun.

Dans le domaine juridique, MCP peut notamment permettre à un assistant d’intelligence artificielle de :

  • rechercher dans une base de législation ou de jurisprudence ;
  • interroger le système documentaire d’un cabinet ;
  • consulter les dossiers d’un logiciel de gestion ;
  • rechercher des clauses dans un portefeuille contractuel ;
  • produire un document à partir d’un modèle validé ;
  • inscrire une échéance dans un agenda ;
  • transmettre un projet dans un circuit de validation ;
  • exécuter une série d’actions dans plusieurs logiciels.

La base Dabo Tibi Ius présente MCP comme une infrastructure potentiellement déterminante pour l’avenir de l’IA juridique. Le protocole permet en effet de passer d’une IA conversationnelle isolée à une IA intégrée aux sources et aux outils de travail des professionnels du droit.

MCP ne garantit cependant ni la véracité d’une réponse ni la sécurité d’un système. Il organise la communication entre différents composants. La fiabilité juridique dépend toujours de la qualité des données accessibles, des autorisations accordées, de la conception des outils et du contrôle exercé sur les opérations.


Points essentiels

  • MCP signifie Model Context Protocol.
  • Il standardise la connexion entre une application d’IA et des données ou outils externes.
  • Le protocole a été lancé par Anthropic en novembre 2024.
  • Il est ouvert et n’est pas limité à un seul fournisseur de modèles.
  • Un serveur MCP peut exposer des ressources, des outils et des instructions réutilisables.
  • Une application cliente peut découvrir les fonctions disponibles et les mettre à la disposition du modèle.
  • Dans le secteur juridique, MCP peut connecter une IA à des bases de droit, des logiciels documentaires, des contrats ou des outils de gestion.
  • MCP peut réduire les hallucinations lorsqu’il permet à l’IA de consulter des sources juridiques fiables et actualisées.
  • Cette réduction n’est pas une suppression du risque : le modèle peut encore mal interpréter une source ou tirer une conclusion erronée.
  • Les principales difficultés concernent la sécurité, les droits d’accès, la confidentialité, la traçabilité et le contrôle des actions.
  • MCP a été confié en décembre 2025 à l’Agentic AI Foundation, créée sous l’égide de la Linux Foundation.

1. Origine et objectif du protocole

1.1. Le problème des intégrations fragmentées

Avant l’apparition de MCP, la connexion d’une application d’IA à des systèmes externes nécessitait généralement une intégration propre à chaque service.

Un éditeur devait, par exemple, développer séparément :

  • une connexion au logiciel documentaire ;
  • une connexion à la base de contrats ;
  • une connexion à l’agenda ;
  • une connexion au système de facturation ;
  • une connexion à la base juridique.

Cette architecture multiplie les développements, les coûts de maintenance et les risques d’incompatibilité. Lorsqu’une application ou une interface évolue, chaque intégration peut devoir être adaptée.

MCP propose une couche commune. Les fournisseurs de données ou d’outils peuvent exposer leurs fonctions au moyen d’un serveur compatible, tandis que les applications d’IA utilisent un client MCP pour dialoguer avec ces serveurs.

1.2. Un protocole, non un modèle d’intelligence artificielle

MCP n’est pas :

  • un modèle de langage ;
  • un chatbot ;
  • une base documentaire ;
  • un moteur de recherche ;
  • un agent autonome ;
  • une garantie de conformité juridique.

Il s’agit d’un protocole de communication.

Son rôle peut être comparé à celui d’une norme technique permettant à plusieurs systèmes de se comprendre. MCP définit la manière dont les composants se présentent, décrivent leurs capacités, échangent des demandes et renvoient des résultats.

1.3. Un standard ouvert

Anthropic a présenté MCP comme un standard ouvert permettant d’établir des connexions bidirectionnelles entre les applications d’IA et les systèmes de données. Le protocole s’est ensuite diffusé au-delà de l’écosystème d’Anthropic.

En décembre 2025, Anthropic a transféré le projet à l’Agentic AI Foundation, créée sous l’égide de la Linux Foundation. Cette fondation rassemble des acteurs participant au développement d’infrastructures ouvertes pour les agents d’intelligence artificielle. Cette évolution tend à renforcer le caractère collectif et interopérable du protocole.


2. Architecture générale

2.1. L’hôte MCP

L’hôte est l’application dans laquelle l’utilisateur interagit avec l’intelligence artificielle.

Il peut s’agir :

  • d’un assistant conversationnel ;
  • d’un environnement de développement ;
  • d’une application juridique ;
  • d’un logiciel documentaire ;
  • d’un agent interne à une entreprise.

L’hôte organise l’expérience utilisateur et contrôle les connexions aux serveurs.

2.2. Le client MCP

Le client MCP est le composant qui maintient une connexion avec un serveur MCP.

Il permet notamment :

  • d’identifier les capacités du serveur ;
  • de transmettre les demandes ;
  • de recevoir les résultats ;
  • de gérer le cycle de vie de la connexion.

Une application peut utiliser plusieurs clients pour se connecter simultanément à plusieurs serveurs.

2.3. Le serveur MCP

Le serveur MCP expose les données ou fonctions d’un système déterminé.

Un serveur peut, par exemple, être placé devant :

  • une base de jurisprudence ;
  • un système de gestion électronique de documents ;
  • un logiciel de relation client ;
  • un registre interne de contrats ;
  • une API publique ;
  • un répertoire de fichiers ;
  • un outil de signature électronique.

Le serveur ne doit pas nécessairement contenir lui-même les données. Il peut jouer le rôle d’intermédiaire entre l’application d’IA et le système d’origine.

2.4. Le protocole d’échange

La spécification officielle décrit MCP comme un protocole permettant l’intégration entre des applications fondées sur des modèles de langage et des sources de données ou outils externes. La spécification normative repose sur un schéma TypeScript, dont une version JSON Schema est également produite.

MCP utilise des messages structurés afin que le client et le serveur puissent :

  • négocier leurs capacités ;
  • découvrir les éléments disponibles ;
  • demander l’exécution d’une fonction ;
  • communiquer le résultat ;
  • signaler une erreur.

Les versions de la spécification sont identifiées par une date au format AAAA-MM-JJ, correspondant à la date de la dernière modification incompatible.


3. Principales fonctions exposées par MCP

3.1. Les ressources

Les ressources correspondent aux données qu’un serveur rend accessibles à l’application.

Dans un contexte juridique, il peut s’agir :

  • d’un texte législatif ;
  • d’une décision de justice ;
  • d’une consultation interne ;
  • d’un dossier client ;
  • d’un contrat ;
  • d’une politique de conformité ;
  • d’un modèle d’acte ;
  • d’une fiche de connaissance.

La ressource fournit du contexte au modèle. Elle ne lui donne pas nécessairement la possibilité d’accomplir une action.

3.2. Les outils

Les tools, ou outils, sont des fonctions que le modèle peut demander à exécuter.

La spécification officielle prévoit que les serveurs peuvent exposer des outils permettant notamment d’interroger des bases, d’appeler des interfaces de programmation ou d’effectuer des calculs. Chaque outil est identifié par un nom et décrit au moyen de métadonnées et d’un schéma d’entrée.

Dans un cabinet d’avocats, un outil MCP pourrait permettre de :

  • rechercher les décisions contenant un moyen déterminé ;
  • créer un dossier ;
  • générer un bordereau de pièces ;
  • enregistrer une échéance ;
  • comparer deux contrats ;
  • envoyer un document à un circuit de validation.

Les outils sont plus sensibles que les simples ressources, car ils peuvent modifier un système ou déclencher une opération.

3.3. Les prompts

Un serveur peut également proposer des prompts, c’est-à-dire des instructions ou modèles de tâches réutilisables.

Une base juridique pourrait, par exemple, proposer :

  • un modèle d’analyse de décision ;
  • une méthode de contrôle des citations ;
  • une grille de revue contractuelle ;
  • une instruction de rédaction d’une fiche de jurisprudence.

Ces modèles permettent d’harmoniser les usages et de guider l’application vers une méthode déterminée.

3.4. L’élicitation

L’élicitation permet à un serveur de demander à l’utilisateur des informations supplémentaires nécessaires à l’accomplissement d’une opération.

Dans un workflow juridique, le serveur pourrait demander :

  • la juridiction concernée ;
  • la date pertinente ;
  • le type de contrat ;
  • l’identité du valideur ;
  • la confirmation d’une opération sensible.

La spécification rappelle toutefois que le serveur ne doit pas considérer comme fiable une simple déclaration d’identité transmise par le client : l’identité de l’utilisateur doit être vérifiée par des mécanismes appropriés d’autorisation.


4. MCP et intelligence artificielle juridique

4.1. Connexion à une base de droit

L’un des usages les plus importants de MCP consiste à connecter un assistant à une base juridique fiable.

Au lieu de répondre uniquement à partir des connaissances acquises pendant son entraînement, le modèle peut :

  1. recevoir une question ;
  2. interroger la base ;
  3. obtenir les textes ou décisions correspondants ;
  4. produire une réponse à partir de ces documents ;
  5. indiquer les références utilisées.

Cette architecture peut améliorer :

  • l’actualité des réponses ;
  • la traçabilité des sources ;
  • la pertinence géographique ;
  • la vérifiabilité des citations ;
  • la maîtrise du corpus interrogé.

4.2. Recherche dans les connaissances internes

Un serveur MCP peut relier l’assistant au patrimoine documentaire d’un cabinet ou d’une direction juridique.

L’utilisateur pourrait demander :

  • « Avons-nous déjà traité cette question ? »
  • « Retrouve les consultations sur cette clause. »
  • « Quels modèles internes concernent cette opération ? »
  • « Compare ce contrat à notre modèle approuvé. »

L’IA devient alors une interface permettant d’explorer plusieurs systèmes sans connaître leur structure technique exacte.

4.3. Gestion des dossiers

MCP peut connecter l’IA aux logiciels de gestion des dossiers.

Sous réserve des droits accordés, l’assistant pourrait :

  • rechercher les pièces d’un dossier ;
  • établir une chronologie ;
  • extraire les prochaines échéances ;
  • préparer une liste de tâches ;
  • classer un nouveau document ;
  • compléter certaines métadonnées.

4.4. Analyse contractuelle

Un serveur peut exposer une base de contrats et des fonctions d’analyse.

L’assistant pourrait alors :

  • retrouver tous les contrats comportant une clause donnée ;
  • identifier les contrats arrivant à échéance ;
  • comparer les stipulations ;
  • repérer des changements de contrôle ;
  • établir un tableau de risques ;
  • créer une première synthèse de due diligence.

4.5. Automatisation des workflows

L’apport de MCP ne se limite pas à l’accès aux données. Le protocole peut permettre à l’IA d’agir dans les outils professionnels.

Un workflow pourrait comprendre :

  1. la recherche des documents ;
  2. l’extraction des informations utiles ;
  3. la création d’un projet ;
  4. l’envoi au juriste pour validation ;
  5. l’archivage de la version approuvée ;
  6. l’inscription d’une échéance.

Cette évolution rapproche MCP de l’IA dite agentique, dans laquelle le système ne se contente plus de produire du texte mais accomplit une succession d’actions.


5. MCP et réduction des hallucinations juridiques

5.1. L’apport des sources contrôlées

La base Dabo Tibi Ius souligne l’intérêt du MCP pour réduire les hallucinations juridiques. En connectant le modèle à des textes, décisions et données vérifiables, le protocole permet de fonder la réponse sur des documents externes plutôt que sur les seules connaissances internes du modèle.

Un serveur juridique peut, par exemple, exiger que chaque réponse soit accompagnée :

  • du titre de la source ;
  • de sa date ;
  • de sa juridiction ;
  • de son numéro ;
  • d’un extrait pertinent ;
  • d’un lien vers le document intégral.

Cette approche facilite le contrôle par le juriste.

5.2. Une réduction et non une suppression du risque

MCP n’empêche pas techniquement une IA « d’inventer du droit ».

Même lorsqu’elle accède à une base fiable, l’IA peut :

  • sélectionner une source non pertinente ;
  • mal lire une disposition ;
  • confondre la solution et un argument des parties ;
  • ignorer une exception ;
  • tirer une conclusion excessive ;
  • citer correctement un document qui ne soutient pas l’affirmation formulée ;
  • compléter une réponse avec des connaissances non vérifiées.

La fiabilité dépend donc de l’ensemble du système :

  • qualité du corpus ;
  • conception de la recherche ;
  • formulation des outils ;
  • instructions données au modèle ;
  • présentation des résultats ;
  • contrôle humain.

5.3. Les conditions d’un MCP juridique fiable

Une intégration juridique devrait idéalement permettre :

  • l’accès au document source ;
  • l’identification précise des références ;
  • l’affichage de la date de mise à jour ;
  • la distinction entre sources officielles et commentaires ;
  • la conservation de la provenance des informations ;
  • la limitation des réponses aux documents trouvés ;
  • le signalement explicite de l’absence de résultat ;
  • la journalisation des recherches et actions.

6. Sécurité et contrôle des accès

6.1. Extension de la surface d’attaque

En connectant une IA à plusieurs données et outils, MCP augmente ses capacités mais également les risques.

Une compromission pourrait permettre :

  • l’accès à des dossiers confidentiels ;
  • l’extraction massive de documents ;
  • la modification de données ;
  • l’exécution d’une opération non autorisée ;
  • l’utilisation abusive des identifiants de l’utilisateur.

La documentation officielle de MCP publie des recommandations spécifiques concernant les risques, les vecteurs d’attaque et les bonnes pratiques de sécurité.

6.2. Authentification et autorisation

L’authentification permet d’identifier un utilisateur ou un système. L’autorisation détermine les ressources et les actions auxquelles cette identité peut accéder.

La spécification MCP prévoit un mécanisme d’autorisation pour les transports HTTP, fondé sur OAuth 2.1. Elle impose notamment que les jetons soient destinés au serveur concerné et prohibe la simple transmission de jetons à des systèmes pour lesquels ils n’ont pas été émis.

Dans un environnement juridique, le serveur devrait respecter le principe du moindre privilège :

  • un stagiaire ne doit pas accéder à tous les dossiers ;
  • un assistant de recherche ne doit pas pouvoir supprimer un document ;
  • une fonction de synthèse ne doit pas disposer d’un droit d’envoi ;
  • un outil contractuel ne doit consulter que le portefeuille nécessaire.

6.3. Injection de prompt indirecte

Un document consulté par l’IA peut contenir des instructions malveillantes destinées à détourner son comportement.

Un fichier pourrait, par exemple, demander au modèle :

  • d’ignorer ses règles ;
  • de révéler d’autres documents ;
  • d’exécuter un outil ;
  • de transmettre des données à un tiers.

L’IA doit traiter les documents comme des données à analyser, et non comme des instructions automatiquement fiables.

6.4. Confirmation des actions sensibles

Les opérations importantes devraient nécessiter une validation humaine explicite.

Tel est notamment le cas de :

  • l’envoi d’un courrier ;
  • le dépôt d’un acte ;
  • la suppression d’un document ;
  • la signature d’un contrat ;
  • le paiement d’une somme ;
  • la modification d’une échéance procédurale ;
  • l’export d’un dossier.

6.5. Sécurité des transports

La spécification avertit que les serveurs utilisant le transport HTTP doivent notamment valider l’en-tête Origin, mettre en place une authentification appropriée et, lorsqu’ils fonctionnent localement, se lier de préférence à l’interface locale plutôt qu’à l’ensemble des interfaces réseau. Ces exigences visent notamment à limiter les attaques de type DNS rebinding.


7. Enjeux juridiques

7.1. Confidentialité et secret professionnel

Le branchement d’un assistant à des dossiers juridiques ne fait pas disparaître les obligations de confidentialité.

Il faut notamment déterminer :

  • quelles données sont accessibles ;
  • qui peut déclencher une recherche ;
  • où transitent les demandes ;
  • quelles informations sont journalisées ;
  • si le fournisseur du modèle reçoit les documents ;
  • combien de temps les contenus sont conservés ;
  • si les données servent à l’entraînement.

Dans un cabinet d’avocats, l’architecture doit garantir que l’IA ne puisse accéder qu’aux dossiers auxquels l’utilisateur est lui-même autorisé à accéder.

7.2. Protection des données personnelles

Lorsqu’un serveur MCP expose des dossiers comprenant des données personnelles, les traitements doivent être analysés selon les règles applicables à l’organisation.

La mise en œuvre doit notamment tenir compte :

  • de la finalité ;
  • de la minimisation ;
  • des durées de conservation ;
  • des sous-traitants ;
  • des transferts internationaux ;
  • de la sécurité ;
  • de la traçabilité des accès.

MCP ne détermine pas la base juridique du traitement et ne rend pas une intégration automatiquement conforme.

7.3. Responsabilité

L’existence d’une chaîne composée d’un hôte, d’un modèle, d’un client MCP, d’un serveur et d’un logiciel métier peut rendre plus complexe l’identification de l’origine d’une erreur.

Une opération incorrecte peut résulter :

  • d’une instruction ambiguë ;
  • d’une erreur du modèle ;
  • d’une description imparfaite de l’outil ;
  • d’une mauvaise configuration des autorisations ;
  • d’une donnée inexacte ;
  • d’un défaut du logiciel externe ;
  • d’une validation humaine insuffisante.

Les contrats et procédures internes doivent donc préciser les rôles, les limites de l’outil et les responsabilités.

7.4. Traçabilité et preuve

Pour les usages juridiques, il peut être nécessaire de conserver :

  • la demande de l’utilisateur ;
  • les sources consultées ;
  • les outils appelés ;
  • les résultats renvoyés ;
  • les confirmations humaines ;
  • la version de la configuration ;
  • l’heure de l’opération.

Ces éléments permettent d’auditer le comportement du système et de reconstituer la chaîne ayant conduit à une décision ou à un document.

7.5. Dépendance et interopérabilité

MCP peut réduire la dépendance à un fournisseur en facilitant l’utilisation de mêmes connecteurs par plusieurs applications compatibles.

Cette portabilité n’est toutefois pas absolue. Les implémentations peuvent différer selon :

  • les fonctions prises en charge ;
  • les extensions utilisées ;
  • les mécanismes d’authentification ;
  • les politiques de sécurité ;
  • la qualité du serveur ;
  • les interfaces propriétaires ajoutées autour du protocole.

8. Gouvernance et évolution du standard

La spécification MCP évolue régulièrement. Les versions sont datées et les développeurs doivent vérifier la compatibilité entre leurs clients et leurs serveurs.

Le transfert du protocole à l’Agentic AI Foundation vise à placer son développement dans un cadre de gouvernance ouverte. La Linux Foundation présente MCP comme un standard destiné à connecter les modèles d’IA aux données, outils et applications.

Un registre officiel MCP a également été lancé afin de fournir une source de référence pour la découverte des serveurs publiés. Le registre et sa spécification sont ouverts, ce qui permet la création de registres compatibles spécialisés.

Dans le domaine juridique, des registres privés ou sectoriels pourraient permettre d’identifier des serveurs :

  • audités ;
  • certifiés par une organisation ;
  • limités à des sources déterminées ;
  • soumis à des exigences de sécurité ;
  • adaptés à une juridiction ou à une profession.

9. MCP, API, RAG et A2A

9.1. MCP et API

Une API permet à deux logiciels d’échanger selon une interface déterminée.

MCP ne remplace pas nécessairement les API. Un serveur MCP peut lui-même utiliser une ou plusieurs API pour accéder à un service. MCP fournit surtout une manière standard de présenter les capacités de ce service aux applications d’intelligence artificielle.

9.2. MCP et RAG

Le Retrieval-Augmented Generation, ou RAG, consiste à rechercher des documents pertinents puis à les fournir au modèle afin qu’il produise une réponse.

MCP peut donner accès au système de recherche utilisé par un dispositif RAG. Les deux notions ne sont donc pas concurrentes :

  • le RAG décrit une méthode de génération augmentée par la recherche ;
  • MCP décrit un protocole de connexion aux données et outils.

9.3. MCP et fonction calling

Le function calling permet à un modèle de demander l’exécution d’une fonction décrite dans un format structuré.

MCP standardise la découverte et l’utilisation de fonctions fournies par des serveurs externes. Il peut donc s’appuyer sur des mécanismes de function calling, tout en fournissant une architecture plus générale.

9.4. MCP et Agent2Agent

Le protocole Agent2Agent, ou A2A, concerne principalement la communication et la coordination entre agents. MCP concerne davantage la connexion d’un agent ou d’une application à des outils et données.

La Linux Foundation présente les deux protocoles comme complémentaires : A2A organise les relations entre agents, tandis que MCP leur permet d’accéder aux systèmes externes.


10. Mise en œuvre dans une organisation juridique

Une organisation envisageant MCP peut suivre plusieurs étapes.

Cartographier les usages

Il convient d’identifier les tâches pour lesquelles une connexion standardisée présente une utilité réelle :

  • recherche documentaire ;
  • consultation des dossiers ;
  • analyse de contrats ;
  • gestion des échéances ;
  • génération de documents ;
  • veille.

Classer les données et actions

Les ressources et outils doivent être classés selon leur sensibilité :

  • données publiques ;
  • connaissances internes ;
  • dossiers confidentiels ;
  • données personnelles sensibles ;
  • fonctions de lecture ;
  • fonctions de modification ;
  • actions irréversibles.

Limiter les droits

Chaque serveur et chaque utilisateur ne devraient disposer que des autorisations nécessaires à la tâche.

Tester les résultats

Les tests doivent porter sur :

  • la pertinence des recherches ;
  • l’exactitude des citations ;
  • le respect des autorisations ;
  • la résistance aux instructions malveillantes ;
  • le comportement en cas d’erreur ;
  • la traçabilité.

Maintenir une validation humaine

Les actions ayant un effet juridique ou externe doivent être soumises à une validation humaine adaptée à leur niveau de risque.

Organiser l’audit

L’organisation doit pouvoir connaître :

  • quel serveur a été utilisé ;
  • quelle version était active ;
  • quelles données ont été consultées ;
  • quelle action a été accomplie ;
  • qui l’a validée.

Acteurs

Anthropic

Anthropic a conçu et lancé publiquement MCP en novembre 2024 avant d’en transférer la gouvernance à l’Agentic AI Foundation.

Agentic AI Foundation

L’Agentic AI Foundation est une structure de la Linux Foundation consacrée aux standards et infrastructures ouvertes de l’IA agentique. MCP fait partie de ses projets fondateurs.

Linux Foundation

La Linux Foundation fournit le cadre institutionnel de gouvernance et de coopération open source.

Développeurs de clients et serveurs

L’écosystème dépend des éditeurs qui intègrent un client MCP dans leurs applications et de ceux qui exposent leurs données ou outils au moyen de serveurs.

Professionnels du droit

Les cabinets, directions juridiques, éditeurs et fournisseurs de bases doivent définir les usages, les autorisations, les contrôles et les exigences de fiabilité propres au secteur juridique.


Débats actuels

MCP deviendra-t-il le standard universel ?

La diffusion du protocole et son transfert à une fondation ouverte soutiennent cette hypothèse. Il subsiste néanmoins d’autres méthodes d’intégration et des différences importantes entre implémentations.

Un protocole ouvert garantit-il la sécurité ?

Non. L’ouverture permet l’audit et l’interopérabilité, mais la sécurité dépend de chaque déploiement, des autorisations et des pratiques de développement.

MCP peut-il résoudre les hallucinations juridiques ?

Il peut les réduire en donnant accès à des sources fiables. Il ne peut empêcher le modèle de mal interpréter une source ou de produire une conclusion non justifiée.

Faut-il autoriser l’IA à agir ?

L’accès en lecture présente un risque différent de l’exécution d’actions. Les organisations juridiques doivent définir des seuils de confirmation et maintenir un contrôle humain sur les opérations sensibles.

Qui doit certifier les serveurs juridiques ?

La question reste ouverte. Des éditeurs, organisations professionnelles ou organismes d’audit pourraient établir des référentiels portant sur la qualité documentaire, la sécurité et la traçabilité.


Actualité récente

Les principales étapes de l’évolution de MCP sont les suivantes :

  • 25 novembre 2024 : présentation publique du protocole par Anthropic ;
  • 2025 : diffusion du standard auprès de nombreux éditeurs et publication de nouvelles versions de la spécification ;
  • septembre 2025 : lancement d’un registre officiel des serveurs MCP ;
  • 25 novembre 2025 : publication d’une nouvelle version majeure de la spécification ;
  • 9 décembre 2025 : transfert de MCP à l’Agentic AI Foundation sous l’égide de la Linux Foundation ;
  • 2026 : poursuite des travaux sur l’autorisation, la sécurité, les extensions et les usages en production.

Ressources essentielles

Articles de la base Dabo Tibi Ius

Le protocole MCP, le standard qui décidera de l’avenir de l’IA juridique

Publié le 2 juin 2026, d’après Artificial Lawyer.

URL :

MCP juridique : le hack qui empêche l’IA d’inventer du droit

Publié le 10 juin 2026, d’après Village de la Justice.

URL :

Sources techniques officielles

  • Documentation générale du Model Context Protocol.
  • Spécification MCP du 25 novembre 2025.
  • Architecture officielle du protocole.
  • Documentation relative aux outils MCP.
  • Spécification d’autorisation.
  • Recommandations officielles de sécurité.
  • Présentation initiale du protocole par Anthropic.
  • Annonce de l’Agentic AI Foundation par la Linux Foundation.

FAQ

Que signifie MCP ?

MCP signifie Model Context Protocol. Il s’agit d’un protocole ouvert destiné à connecter des applications d’intelligence artificielle à des données et outils externes.

MCP est-il une intelligence artificielle ?

Non. MCP est une norme de communication. Il ne produit pas lui-même de réponses et ne constitue pas un modèle de langage.

À quoi sert MCP dans le domaine juridique ?

Il peut connecter un assistant à une base de droit, à un fonds documentaire, à un logiciel de gestion de dossiers, à un portefeuille contractuel ou à d’autres applications professionnelles.

MCP empêche-t-il les hallucinations ?

Non. Il peut en réduire la fréquence en permettant à l’IA de consulter des sources fiables, mais il ne garantit pas une interprétation exacte.

Qu’est-ce qu’un serveur MCP ?

C’est un composant qui expose des données ou fonctions à une application compatible avec le protocole.

Qu’est-ce qu’un client MCP ?

C’est le composant de l’application d’IA qui communique avec un serveur MCP.

MCP permet-il de modifier des données ?

Oui, lorsqu’un serveur expose un outil autorisant une telle action. Les droits doivent être strictement limités et les opérations sensibles confirmées.

MCP est-il réservé à Anthropic ?

Non. Il a été lancé par Anthropic, mais il s’agit d’un standard ouvert dont la gouvernance a été transférée à l’Agentic AI Foundation.

Quelle différence existe-t-il entre MCP et RAG ?

Le RAG est une méthode consistant à rechercher des documents avant de générer une réponse. MCP est un protocole permettant de connecter l’application au système qui fournit les documents ou outils.

Quelle différence existe-t-il entre MCP et une API ?

Une API expose les fonctions d’un service déterminé. MCP fournit une interface standard adaptée à la découverte et à l’utilisation de ces fonctions par des applications d’IA.

Quels sont les principaux risques ?

Les principaux risques sont l’accès excessif aux données, l’exécution d’actions non autorisées, l’injection de prompt, la fuite d’informations, la mauvaise configuration des droits et l’insuffisance de la traçabilité.

Une organisation juridique doit-elle adopter MCP ?

L’adoption dépend de ses usages, de ses systèmes et de ses exigences de sécurité. MCP est particulièrement pertinent lorsqu’elle souhaite connecter plusieurs applications d’IA à plusieurs sources ou outils sans multiplier les intégrations propriétaires.


Méthodologie : Cette fiche a été générée avec l’assistance de l’intelligence artificielle à partir de la base documentaire et de sources juridiques complémentaires lorsque cela était nécessaire. Elle constitue une synthèse documentaire et ne remplace pas un avis juridique.


Résumé pédagogique

Définition

Le Model Context Protocol, ou MCP, est un protocole ouvert qui permet à une application d’intelligence artificielle de se connecter de manière standardisée à des données et outils externes. Dans le domaine juridique, il peut relier un assistant à une base de législation, à un fonds de jurisprudence, à un logiciel de dossiers ou à un portefeuille de contrats.

Exemple

Un avocat interroge son assistant sur une question juridique. Grâce à un serveur MCP, l’assistant recherche les textes et décisions dans une base fiable, fournit leurs références, puis crée un projet de note dans le système documentaire. L’avocat vérifie les sources et valide le document avant toute utilisation.

Problématique juridique

MCP améliore l’accès au contexte et peut réduire les hallucinations, mais il augmente aussi les capacités d’action de l’IA. Des autorisations excessives pourraient permettre l’accès à des dossiers confidentiels ou l’exécution d’opérations non souhaitées. La sécurité, la traçabilité et la validation humaine sont donc essentielles.

Cadre technique et juridique

MCP organise les échanges entre une application hôte, un client et un ou plusieurs serveurs exposant des ressources ou outils. Il ne garantit ni la qualité des données ni la conformité du traitement. Son déploiement doit être accompagné de règles d’accès, d’une authentification robuste, du principe du moindre privilège, de journaux d’audit et d’un contrôle humain des actions sensibles.

Fiches Dabo Tibi Ius associées :