Droit & Intelligence artificielle – Tu IA Droit

Fiche — Intelligence artificielle, MARD et arbitrage

13 juin 2026


Présentation générale

Les modes amiables de règlement des différends (MARD) et l’arbitrage connaissent actuellement une transformation profonde sous l’effet de l’intelligence artificielle.

Historiquement, ces mécanismes reposaient essentiellement sur l’intervention humaine :

  • médiateurs ;
  • conciliateurs ;
  • arbitres ;
  • avocats ;
  • experts.

L’IA ne remet pas fondamentalement en cause ces acteurs, mais modifie leurs méthodes de travail.

Les tendances observées dans les articles de la base documentaire montrent que l’IA intervient désormais à toutes les étapes de la résolution des litiges :

  • analyse des dossiers ;
  • évaluation du risque ;
  • recherche juridique ;
  • négociation ;
  • médiation ;
  • arbitrage ;
  • exécution des accords.

L’enjeu n’est plus seulement d’accélérer les procédures, mais également d’améliorer la qualité des décisions, la cohérence des analyses et l’accès à la justice.


Points essentiels à retenir

  • L’IA est déjà utilisée dans certaines procédures de médiation et d’arbitrage.
  • L’arbitrage international constitue l’un des domaines les plus avancés en matière d’IA juridique.
  • Les plateformes spécialisées combinent désormais IA générative et bases documentaires arbitrales.
  • Les risques d’hallucinations juridiques constituent une préoccupation majeure.
  • Les professionnels conservent la responsabilité des analyses produites avec l’aide de l’IA.
  • L’AI Act pourrait affecter certaines applications utilisées dans la résolution des différends.
  • L’IA tend à augmenter les professionnels plutôt qu’à les remplacer.

Pourquoi les MARD constituent-ils un terrain favorable à l’IA ?

Une activité fortement informationnelle

Les MARD reposent largement sur :

  • la collecte d’informations ;
  • l’analyse documentaire ;
  • l’identification des intérêts des parties ;
  • l’évaluation des risques ;
  • la recherche de compromis.

Ces activités sont particulièrement adaptées aux capacités actuelles des systèmes d’IA.

Contrairement au procès judiciaire, où l’exercice de la fonction juridictionnelle demeure central, les MARD privilégient souvent :

  • l’information ;
  • la communication ;
  • la négociation.

L’IA peut donc intervenir plus facilement comme outil d’assistance.


Une logique de réduction des coûts

Les procédures amiables visent notamment à :

  • éviter les contentieux longs ;
  • réduire les frais ;
  • accélérer les résolutions.

L’automatisation de certaines tâches documentaires répond directement à ces objectifs.


Les usages actuels de l’IA dans les MARD

Analyse documentaire

Les systèmes d’IA permettent désormais :

  • l’extraction automatique de clauses ;
  • l’identification des points litigieux ;
  • la synthèse des pièces ;
  • la détection d’incohérences.

Cette fonction est particulièrement utile dans les litiges commerciaux complexes.


Évaluation du risque

Les outils les plus avancés peuvent assister les professionnels dans :

  • l’estimation des probabilités de succès ;
  • l’évaluation financière des litiges ;
  • la comparaison de scénarios transactionnels.

L’objectif n’est pas de prédire l’avenir avec certitude mais d’éclairer la prise de décision.


Assistance à la négociation

L’IA peut aider à :

  • comparer les positions des parties ;
  • identifier des zones de compromis ;
  • simuler des propositions transactionnelles.

Ces outils demeurent principalement des systèmes d’aide à la décision.


Arbitrage et intelligence artificielle

Pourquoi l’arbitrage est-il particulièrement concerné ?

Les arbitrages internationaux impliquent souvent :

  • plusieurs milliers de documents ;
  • plusieurs juridictions ;
  • plusieurs langues ;
  • des coûts importants.

Cette complexité favorise l’adoption rapide des technologies d’IA.


L’exemple Jus Mundi – Legora

L’article « Legora Partners With Jus Mundi For Arbitration Needs » illustre cette évolution.

Jus Mundi dispose d’une base documentaire spécialisée en arbitrage international.

Le partenariat vise à permettre :

  • une recherche conversationnelle ;
  • une analyse accélérée des précédents ;
  • une exploitation plus efficace des corpus arbitrals.

Cette tendance révèle une évolution majeure : l’apparition d’outils spécifiquement conçus pour l’arbitrage et non plus seulement de solutions généralistes.


Arbitrage augmenté

La notion d’« arbitrage augmenté » désigne l’utilisation de l’IA comme outil d’assistance.

L’arbitre conserve :

  • son indépendance ;
  • son impartialité ;
  • son pouvoir décisionnel.

L’IA intervient principalement pour :

  • rechercher ;
  • organiser ;
  • synthétiser ;
  • comparer.

Les risques identifiés

Les hallucinations juridiques

L’article du Journal de Montréal consacré à l’annulation d’une décision arbitrale fondée sur des références inexistantes constitue une illustration particulièrement significative.

Cette affaire rappelle que :

  • les modèles génératifs peuvent produire des références fictives ;
  • la vérification humaine demeure indispensable ;
  • l’utilisation d’une IA ne réduit pas les obligations professionnelles.

La responsabilité professionnelle

Plusieurs questions demeurent ouvertes :

  • Qui est responsable d’une erreur générée par l’IA ?
  • Quelle est la responsabilité de l’arbitre ?
  • Quelle est celle du conseil ?
  • Quel rôle joue le fournisseur du système ?

À ce jour, la responsabilité reste principalement humaine.


La confidentialité

L’arbitrage repose traditionnellement sur un haut niveau de confidentialité.

L’utilisation de services d’IA soulève donc des questions relatives :

  • à la protection des données ;
  • au secret des affaires ;
  • à la souveraineté numérique ;
  • à la sécurité des informations.

Cadre juridique

AI Act

Le règlement européen sur l’intelligence artificielle pourrait concerner certaines applications utilisées dans les procédures de règlement des différends.

Les obligations potentiellement pertinentes concernent notamment :

  • la transparence ;
  • la supervision humaine ;
  • la gouvernance des données ;
  • la gestion des risques.

Toutefois, l’application précise de certaines dispositions aux outils de médiation et d’arbitrage demeure en cours d’interprétation.


RGPD

Les outils utilisés dans le cadre des litiges doivent également respecter :

  • le RGPD ;
  • les règles relatives au secret professionnel ;
  • les obligations de confidentialité propres à certaines procédures.

État actuel des débats

L’IA peut-elle devenir médiateur ?

La majorité de la doctrine considère aujourd’hui que la médiation repose sur des dimensions humaines difficilement automatisables :

  • confiance ;
  • empathie ;
  • écoute ;
  • compréhension des intérêts.

L’IA apparaît davantage comme un outil d’assistance.


L’IA peut-elle devenir arbitre ?

Le débat existe mais demeure largement théorique.

Les exigences relatives :

  • à l’indépendance ;
  • à l’impartialité ;
  • à la responsabilité ;
  • à la légitimité de la décision ;

rendent aujourd’hui difficile la reconnaissance d’un arbitre entièrement algorithmique.


Vers des agents de négociation ?

L’une des évolutions les plus discutées concerne l’apparition d’agents capables :

  • d’assister les parties ;
  • de proposer des compromis ;
  • de conduire certaines phases précontentieuses.

Ces systèmes pourraient jouer un rôle croissant dans les prochaines années.


Actualité récente

Mars 2026

Publication de l’article « IA juridique : l’heure de la maturité a sonné » mettant en évidence l’intégration croissante de l’IA dans les pratiques professionnelles.

Mars 2026

Partenariat entre Legora et Jus Mundi destiné à renforcer les usages de l’IA dans l’arbitrage international.

Avril 2026

Publication de l’article « Pour une nouvelle économie des services numériques du droit », consacré à la transformation des services juridiques par l’IA.

Avril 2026

Annulation d’une décision arbitrale à Montréal après utilisation de références juridiques générées par IA et inexistantes.


Ressources et sources essentielles

Articles de la base documentaire

  1. « Legora Partners With Jus Mundi For Arbitration Needs », 26 mars 2026, Artificial Lawyer
    https://www.artificiallawyer.com/2026/03/26/legora-partners-with-jus-mundi-for-arbitration-needs/
  2. « Références juridiques « hallucinées » par l’IA : la décision d’un arbitre montréalais annulée par la cour », 28 avril 2026, Journal de Montréal
    https://www.journaldemontreal.com/2026/04/28/references-juridiques-hallucinees-par-lia-la-decision-dun-arbitre-montrealais-annulee-par-la-cour
  3. « IA juridique : l’heure de la maturité a sonné », 23 mars 2026, Journal du Net
    https://www.journaldunet.com/intelligence-artificielle/1548841-ia-juridique-l-heure-de-la-maturite-a-sonne/
  4. « Pour une nouvelle économie des services numériques du droit : reprendre la main sur la connaissance, rebâtir la confiance », 27 avril 2026, Le Monde du Droit
    https://www.lemondedudroit.fr/decryptages/380-tribunes/104053-pour-une-nouvelle-economie-des-services-numeriques-du-droit-reprendre-la-main-sur-la-connaissance-rebatir-la-confiance.html

Pour aller plus loin

Fiches associées :

  • IA et justice
  • Justice prédictive
  • Arbitrage international
  • Legaltech
  • Agents IA juridiques
  • AI Act
  • Responsabilité de l’intelligence artificielle
  • Recherche juridique augmentée

Méthodologie : Cette fiche a été générée avec l’assistance de l’intelligence artificielle à partir des articles pertinents identifiés dans la base documentaire Dabo Tibi Ius. Elle vise à refléter les tendances observées dans ces publications et à fournir une synthèse informative. Elle ne constitue pas un avis juridique.