Fiche – Haiku (LegalTech)

6 août 2026.

Présentation générale

Haiku est une LegalTech française qui développe une plateforme d’intelligence artificielle destinée aux avocats, juristes et autres professions réglementées. Créée à Bordeaux en 2023, initialement sous le nom de Clerk, l’entreprise se présente comme un assistant juridique capable de combiner les ressources documentaires internes d’une organisation avec des sources juridiques externes.

La plateforme intervient principalement dans quatre domaines :

  • la recherche juridique ;
  • l’analyse de documents et de dossiers ;
  • la production de documents juridiques ;
  • l’automatisation de méthodes de travail ou de workflows.

Haiku appartient à la nouvelle génération d’outils d’IA juridique générative. Contrairement à une base de données juridique traditionnelle, qui restitue principalement des documents correspondant à des critères de recherche, l’outil cherche à produire une réponse, une analyse ou un projet de document à partir :

  • d’une question formulée en langage naturel ;
  • de sources juridiques ;
  • des documents internes de l’utilisateur ;
  • d’instructions et de méthodes préalablement définies.

La société met en avant une connexion aux documents internes des cabinets, à leurs outils de gestion électronique de documents et à des ressources de droit français et européen. Elle indique également permettre l’analyse simultanée de plusieurs documents, la génération de productions juridiques et la transformation des méthodes internes du cabinet en workflows réutilisables.

Haiku doit être distinguée :

  • des éditeurs juridiques historiques ;
  • des simples moteurs de recherche jurisprudentielle ;
  • des outils généralistes d’intelligence artificielle ;
  • des logiciels de gestion de cabinet ;
  • des plateformes exclusivement spécialisées dans la rédaction contractuelle.

Son positionnement consiste à réunir plusieurs de ces fonctions dans un même espace de travail, tout en valorisant le fonds documentaire propre à chaque cabinet.

En 2025, Haiku a conclu un partenariat avec le Barreau de Bordeaux afin de proposer un accès privilégié à sa plateforme aux avocats inscrits à ce barreau. En 2026, elle a été retenue parmi les dix premières entreprises de la promotion France LegalTech sélectionnée par la Direction générale des entreprises. Elle a également annoncé en juin 2026 une levée de fonds de trois millions d’euros destinée à soutenir son développement technologique et son expansion européenne.

Site officiel

https://www.haiku.fr

Points essentiels

  • Haiku est une LegalTech française créée à Bordeaux en 2023.
  • Elle était initialement connue sous le nom de Clerk.
  • Elle s’adresse principalement aux cabinets d’avocats et aux professions juridiques ou réglementées.
  • La plateforme combine recherche, analyse documentaire, rédaction et automatisation de workflows.
  • Elle peut être connectée aux documents et outils internes du cabinet.
  • Elle permet d’interroger des ressources en langage naturel.
  • Elle se présente comme un outil d’assistance, non comme un substitut au jugement professionnel du juriste.
  • Les réponses et productions doivent être contrôlées avant toute utilisation.
  • L’importation de dossiers clients soulève des questions de secret professionnel, de confidentialité et de protection des données.
  • Le cabinet utilisateur doit vérifier les conditions d’hébergement, de conservation, d’accès et de réutilisation de ses données.
  • La connexion à une source juridique ne garantit pas à elle seule l’exactitude de l’interprétation produite.
  • Les méthodes ou « compétences » configurées dans l’outil peuvent structurer un workflow juridique réutilisable.
  • Haiku a conclu un partenariat avec le Barreau de Bordeaux.
  • Elle fait partie de la première promotion France LegalTech.
  • Elle a annoncé une levée de fonds de trois millions d’euros en juin 2026.
  • Son utilisation reste soumise aux règles déontologiques, au RGPD, au secret professionnel et, selon le contexte, au règlement européen sur l’intelligence artificielle.

1. Origine et positionnement

1.1. Création

Haiku a été créée en 2023 à Bordeaux. L’entreprise a été incubée par Unitec, puis accompagnée par le Village by CA Aquitaine. Elle a d’abord porté le nom de Clerk avant d’adopter celui de Haiku.

L’équipe dirigeante présentée par l’investisseur Newfund comprend notamment :

  • Jules Touzet, cofondateur et président-directeur général ;
  • Guillaume Pellion, cofondateur et directeur général ;
  • Jean-Marcel Touzet, cofondateur et responsable marketing ;
  • Jorick Nuss, directeur technique.

1.2. Problème identifié

Haiku est née du constat que les cabinets produisent une quantité importante de documents à forte valeur ajoutée :

  • consultations ;
  • conclusions ;
  • notes de recherche ;
  • contrats ;
  • actes ;
  • courriers ;
  • analyses de dossiers.

Ces documents restent souvent dispersés dans des outils de gestion électronique de documents difficiles à interroger. Le projet de Haiku consiste à rendre ce patrimoine documentaire consultable et réutilisable par l’intermédiaire d’une interface conversationnelle.

1.3. Marché visé

Le cœur de cible est constitué par :

  • les avocats individuels ;
  • les cabinets d’avocats ;
  • les directions juridiques ;
  • les notaires ;
  • les professionnels de la conformité ;
  • plus largement, les professions réglementées.

Le service se présente comme une solution SaaS professionnelle, et non comme un service de conseil juridique destiné directement aux justiciables.


2. Principales fonctionnalités

2.1. Recherche juridique

Haiku permet d’interroger en langage naturel :

  • les documents internes ;
  • les dossiers ;
  • les contrats ;
  • les courriels ;
  • les factures ;
  • les codes ;
  • les textes législatifs et réglementaires ;
  • la jurisprudence ;
  • certaines ressources doctrinales.

La plateforme annonce un point d’entrée unique pour le droit français et européen ainsi que pour les ressources internes du cabinet.

L’utilisateur peut, par exemple, demander :

  • quelles clauses d’un contrat présentent un risque ;
  • quelles décisions récentes concernent une question ;
  • quels documents d’un dossier mentionnent un événement ;
  • quelles positions le cabinet a déjà défendues dans des affaires comparables.

2.2. Analyse documentaire

La plateforme permet d’importer plusieurs documents et de les analyser ensemble. Le site officiel indique qu’elle peut traiter jusqu’à cent documents simultanément. Elle peut notamment :

  • résumer un dossier ;
  • établir une chronologie ;
  • comparer des contrats ;
  • identifier des clauses ;
  • extraire des informations ;
  • confronter des pièces au droit applicable ;
  • repérer des incohérences ;
  • préparer une stratégie de travail.

Cette fonctionnalité peut être utile dans :

  • les audits ;
  • les contentieux volumineux ;
  • les opérations de due diligence ;
  • les dossiers d’expertise ;
  • les analyses contractuelles ;
  • les enquêtes internes.

2.3. Production juridique

Haiku peut générer des projets de documents à partir :

  • d’une instruction ;
  • de modèles internes ;
  • des éléments du dossier ;
  • de productions antérieures ;
  • de sources sélectionnées.

Les productions peuvent comprendre :

  • contrats ;
  • statuts ;
  • consultations ;
  • synthèses ;
  • courriers ;
  • actes ;
  • notes de recherche ;
  • projets d’écritures.

L’outil doit être utilisé comme une assistance à la rédaction. La production ne devrait pas être transmise au client, à l’adversaire ou à une juridiction sans une vérification complète par le professionnel.

2.4. « Compétences » et workflows

Haiku présente une fonctionnalité appelée Compétences.

Une compétence correspond à une méthode de travail configurée dans la plateforme. Elle peut préciser :

  • les étapes à suivre ;
  • les vérifications à effectuer ;
  • les documents à analyser ;
  • les sources à consulter ;
  • l’ordre des opérations ;
  • le format du résultat.

L’objectif est de transformer le savoir-faire du cabinet en workflow structuré et réutilisable.

Exemple :

Une compétence destinée à l’analyse d’un licenciement pourrait prévoir :

  1. identification des parties et de l’ancienneté ;
  2. extraction des motifs invoqués ;
  3. vérification de la procédure ;
  4. recherche des conventions collectives ;
  5. analyse des risques ;
  6. calcul indicatif des indemnités ;
  7. rédaction d’une note de synthèse.

Cette fonction rapproche Haiku des outils d’automatisation juridique et d’IA agentique.


3. Connexion au fonds documentaire du cabinet

3.1. Valorisation du savoir interne

L’un des principaux éléments distinctifs de Haiku est sa capacité annoncée à se connecter aux données internes de l’organisation.

La plateforme peut ainsi rechercher dans :

  • la GED ;
  • les dossiers clients ;
  • les modèles ;
  • les actes antérieurs ;
  • les notes ;
  • les contrats ;
  • les bases de connaissances ;
  • les courriels.

Elle est présentée comme compatible avec plusieurs outils déjà utilisés par les cabinets, notamment Septeo, Diapaz et SharePoint.

3.2. Recherche augmentée par récupération

Le fonctionnement apparent relève en partie d’une logique de Retrieval-Augmented Generation, ou RAG.

Le système :

  1. recherche des documents pertinents ;
  2. récupère certains passages ;
  3. les transmet au modèle ;
  4. produit une réponse à partir de ce contexte.

Cette architecture peut réduire certaines hallucinations par rapport à une réponse uniquement fondée sur les paramètres généraux d’un modèle.

Elle ne supprime cependant pas les risques de :

  • mauvaise sélection des documents ;
  • confusion entre sources ;
  • interprétation incorrecte ;
  • oubli d’un texte applicable ;
  • citation partielle ;
  • utilisation d’une version obsolète.

4. Sécurité et hébergement

4.1. Déclarations de l’entreprise

Haiku indique que les données sont hébergées en France sur l’environnement PREMI3NS proposé par S3NS, société issue d’une alliance entre Thales et Google Cloud. Le site met en avant la qualification SecNumCloud de l’environnement ainsi que la certification ISO 27001.

Ces éléments constituent des déclarations commerciales et techniques du fournisseur. Le cabinet doit les vérifier dans :

  • le contrat ;
  • l’accord de traitement des données ;
  • la documentation de sécurité ;
  • le périmètre exact des certifications ;
  • les conditions d’hébergement effectivement applicables à son offre.

La certification d’un hébergeur ou d’un environnement ne signifie pas nécessairement que l’ensemble de la chaîne du service, de ses modèles, de ses connecteurs et de ses sous-traitants bénéficie automatiquement du même statut.

4.2. Questions à vérifier

Avant le déploiement, le cabinet devrait notamment demander :

  • où sont stockés les documents ;
  • où sont traitées les requêtes ;
  • quels modèles sont utilisés ;
  • si un fournisseur tiers reçoit les données ;
  • si les requêtes sont conservées ;
  • si les données servent à entraîner un modèle ;
  • qui peut accéder aux journaux ;
  • comment les données sont chiffrées ;
  • comment elles sont supprimées ;
  • quels sous-traitants interviennent ;
  • comment les sauvegardes sont organisées ;
  • quelles procédures existent en cas d’incident.

5. Secret professionnel de l’avocat

5.1. Principe

Les documents confiés à Haiku peuvent relever du secret professionnel de l’avocat.

Peuvent notamment être concernés :

  • les consultations ;
  • les correspondances ;
  • les pièces du dossier ;
  • la stratégie contentieuse ;
  • les informations relatives au client ;
  • les échanges avec des experts ;
  • les projets d’actes.

L’utilisation d’une plateforme externe doit être compatible avec :

  • le secret professionnel ;
  • la confidentialité ;
  • la sécurité des communications ;
  • les obligations déontologiques de l’avocat.

5.2. Absence de transfert de responsabilité

Le recours à Haiku ne transfère pas au fournisseur la responsabilité de l’avocat.

L’utilisateur doit notamment :

  • sélectionner les documents pouvant être importés ;
  • limiter les données au nécessaire ;
  • vérifier les destinataires ;
  • contrôler les productions ;
  • empêcher les accès internes injustifiés ;
  • informer le client lorsque cela est requis ;
  • documenter le choix de l’outil.

5.3. Confidentialité des cabinets

La connexion à la GED augmente la valeur fonctionnelle du système, mais aussi le niveau de risque.

Une mauvaise configuration des droits pourrait permettre :

  • à un collaborateur d’accéder à un dossier auquel il n’est pas affecté ;
  • de mélanger les documents de plusieurs clients ;
  • de faire apparaître des informations confidentielles dans une réponse ;
  • de réutiliser un modèle provenant d’un autre dossier sans vérification.

La gestion des habilitations est donc aussi importante que la sécurité du fournisseur.


6. Protection des données personnelles

6.1. Données traitées

Les dossiers juridiques peuvent contenir :

  • des noms ;
  • des coordonnées ;
  • des données financières ;
  • des données de santé ;
  • des condamnations pénales ;
  • des informations professionnelles ;
  • des données relatives à des mineurs ;
  • des opinions ou convictions.

Le RGPD peut donc s’appliquer à l’importation, à l’indexation, à l’analyse et à la génération de résultats.

6.2. Qualification des acteurs

Le cabinet utilisateur est généralement susceptible d’être responsable du traitement pour les données de ses dossiers.

Haiku peut intervenir comme sous-traitant lorsque la société traite ces données sur instruction du cabinet.

La qualification exacte dépend toutefois :

  • des fonctionnalités ;
  • des finalités propres éventuelles du fournisseur ;
  • de la conservation des données ;
  • de leur utilisation pour améliorer le service ;
  • des relations avec les fournisseurs de modèles.

6.3. Obligations du cabinet

Le cabinet doit notamment :

  • déterminer la base juridique ;
  • limiter les données importées ;
  • informer les personnes lorsque cela est nécessaire ;
  • conclure un contrat conforme à l’article 28 du RGPD ;
  • vérifier les sous-traitants ;
  • analyser les transferts internationaux ;
  • fixer les durées de conservation ;
  • assurer l’exercice des droits ;
  • évaluer la nécessité d’une AIPD.

7. Fiabilité et hallucinations

7.1. Risque résiduel

Une IA juridique spécialisée peut encore :

  • inventer une référence ;
  • déformer une décision ;
  • confondre un argument avec la solution du juge ;
  • citer un texte abrogé ;
  • omettre une exception ;
  • produire une clause inadaptée ;
  • tirer une conclusion excessive.

La spécialisation juridique et la connexion à des sources réduisent certains risques, mais ne les éliminent pas.

7.2. Vérification professionnelle

Toute production devrait être vérifiée selon une méthode comprenant :

  1. contrôle de l’existence des sources ;
  2. lecture du texte ou de la décision citée ;
  3. vérification de la date et de la version ;
  4. contrôle de la compétence de la juridiction ;
  5. confrontation avec les faits du dossier ;
  6. vérification des calculs ;
  7. contrôle des données confidentielles ;
  8. validation finale par le professionnel compétent.

7.3. Mesure des performances

Les témoignages publiés sur le site officiel apportent des indications sur l’expérience de certains utilisateurs, mais ne constituent pas une évaluation scientifique ou comparative indépendante des performances de la plateforme.

Une organisation devrait tester l’outil sur :

  • des dossiers connus ;
  • plusieurs matières ;
  • des questions comportant une réponse vérifiable ;
  • des sources anciennes et récentes ;
  • des documents contradictoires ;
  • des cas limites.

8. Usages professionnels

8.1. Contentieux

Haiku peut aider à :

  • résumer les pièces ;
  • établir une chronologie ;
  • rechercher des précédents ;
  • comparer les écritures ;
  • identifier les moyens adverses ;
  • préparer un projet de conclusions.

8.2. Contrats

La plateforme peut être utilisée pour :

  • extraire les clauses ;
  • comparer plusieurs versions ;
  • identifier les obligations ;
  • repérer les clauses manquantes ;
  • générer un premier projet ;
  • harmoniser des documents.

8.3. Audit juridique

Elle peut assister :

  • une due diligence ;
  • une revue de conformité ;
  • une analyse de portefeuille contractuel ;
  • une revue sociale ;
  • un audit réglementaire.

8.4. Capitalisation du savoir

Le système peut permettre de retrouver :

  • une clause déjà négociée ;
  • une argumentation antérieure ;
  • une note interne ;
  • une position doctrinale ;
  • un modèle correspondant à un secteur.

Cette fonction peut réduire la déperdition des connaissances lors du départ d’un collaborateur.


9. Partenariat avec le Barreau de Bordeaux

En juillet 2025, le Barreau de Bordeaux et Haiku ont annoncé un partenariat destiné à proposer aux quelque 2 200 avocats du barreau un accès privilégié à la plateforme.

Le partenariat visait notamment à :

  • démocratiser l’accès aux outils d’IA juridique ;
  • soutenir les avocats individuels et petites structures ;
  • réduire les inégalités d’équipement ;
  • accompagner la transformation des pratiques.

Cette initiative ne constitue pas une certification juridique générale de l’ensemble des réponses produites par l’outil. Elle témoigne cependant d’une implication institutionnelle dans l’expérimentation et la diffusion de la solution.


10. Développement économique

10.1. Premiers financements

Haiku a annoncé une première levée de fonds de 1,3 million d’euros auprès de Newfund Capital, utilisée pour développer et diffuser sa solution.

10.2. Levée de fonds de 2026

En juin 2026, la société a annoncé un financement supplémentaire de trois millions d’euros.

Selon les articles référencés par Dabo Tibi Ius, ce financement doit notamment soutenir :

  • le développement de la plateforme ;
  • le recrutement ;
  • l’expansion commerciale ;
  • la croissance européenne.

10.3. France LegalTech

Haiku a été retenue en février 2026 parmi les dix entreprises composant la première promotion du programme France LegalTech, aux côtés notamment d’Allaw, Dastra, Gino Legaltech, Jimini, Legapass, Lexbase, Ordalie, Pappers et Tomorro.


11. Cadre juridique applicable

Haiku n’est pas soumise à un statut juridique propre aux LegalTechs. Son utilisation mobilise plusieurs régimes.

RGPD

Pour les données personnelles des clients, adversaires, salariés, témoins et autres personnes.

Secret professionnel

Pour les documents et informations confiés aux avocats.

Droit des contrats

Pour les relations entre Haiku et ses utilisateurs, notamment les niveaux de service, responsabilités, garanties et conditions de résiliation.

Propriété intellectuelle

Pour les modèles internes, les documents, les sources, les productions et les droits sur les bases de données.

AI Act

Selon les fonctions et le contexte, Haiku peut relever des obligations applicables aux fournisseurs ou déployeurs de systèmes d’IA.

Un assistant juridique destiné à la recherche ou à la rédaction n’est pas automatiquement un système à haut risque.

La qualification peut être différente si le système est destiné à assister directement une autorité judiciaire dans l’application du droit à un ensemble concret de faits.

Déontologie professionnelle

L’avocat doit préserver :

  • son indépendance ;
  • sa compétence ;
  • le secret professionnel ;
  • la prudence ;
  • la responsabilité personnelle de son conseil.

12. Responsabilité

12.1. Responsabilité du professionnel

L’avocat ou le juriste reste responsable du document qu’il signe, transmet ou utilise.

Il ne peut normalement pas s’exonérer en invoquant :

  • une erreur de Haiku ;
  • une mauvaise recherche automatisée ;
  • une hallucination ;
  • un modèle interne incorrect.

12.2. Responsabilité du cabinet

Le cabinet peut être responsable :

  • du choix de l’outil ;
  • de sa configuration ;
  • de la formation des utilisateurs ;
  • de la gestion des accès ;
  • de l’absence de vérification ;
  • d’une violation de données ;
  • d’une utilisation contraire aux instructions.

12.3. Responsabilité de Haiku

La responsabilité du fournisseur peut être recherchée selon :

  • le contrat ;
  • le RGPD ;
  • le droit commun ;
  • l’AI Act ;
  • les engagements de sécurité ;
  • les informations commerciales communiquées.

Les clauses contractuelles de limitation de responsabilité doivent être examinées avant le déploiement.


13. Bonnes pratiques de déploiement

Avant le choix de l’outil

  • Identifier les cas d’usage.
  • Tester les performances.
  • Examiner les conditions contractuelles.
  • Vérifier l’hébergement et les sous-traitants.
  • Analyser les flux de données.
  • Associer le DPO et le RSSI.
  • Vérifier la compatibilité avec le secret professionnel.

Pendant le déploiement

  • Limiter les accès.
  • Former les utilisateurs.
  • Définir les documents pouvant être importés.
  • Créer une procédure de vérification.
  • Configurer les durées de conservation.
  • Documenter les connecteurs.
  • Encadrer les workflows automatisés.

Pendant l’utilisation

  • Vérifier chaque source.
  • Ne pas transmettre directement une production non relue.
  • Signaler les erreurs au fournisseur.
  • Contrôler les journaux.
  • Réévaluer périodiquement les habilitations.
  • Tester les nouvelles versions.

Acteurs

Haiku

Fournisseur de la plateforme d’IA juridique.

Cabinets d’avocats

Principaux utilisateurs et responsables de la maîtrise professionnelle des productions.

Directions juridiques

Utilisateurs potentiels pour la recherche, les contrats et la capitalisation du savoir.

Barreaux

Acteurs de l’accompagnement déontologique et de la transformation numérique de la profession.

Éditeurs et bases juridiques

Fournisseurs des contenus externes auxquels la plateforme peut être connectée.

Prestataires cloud et fournisseurs de modèles

Acteurs techniques susceptibles d’intervenir dans la chaîne de traitement.

CNIL

Autorité compétente pour les traitements de données personnelles.


Débats actuels

Haiku remplace-t-elle une base juridique ?

Non. Elle constitue une couche de recherche et de génération susceptible d’utiliser plusieurs sources. L’accès aux documents originaux et leur vérification restent essentiels.

Haiku remplace-t-elle l’avocat ?

Non. Elle automatise ou accélère certaines tâches, mais ne porte ni la responsabilité professionnelle, ni la relation avec le client, ni l’appréciation stratégique finale.

Les données du cabinet servent-elles à entraîner un modèle ?

La réponse doit être vérifiée dans le contrat et la documentation applicable à l’offre souscrite. L’utilisateur ne doit pas se fonder uniquement sur une présentation commerciale générale.

La qualification SecNumCloud suffit-elle ?

Non. Il faut vérifier le périmètre exact de la qualification, les composants concernés, les modèles utilisés et l’ensemble des sous-traitants.

Une réponse sourcée est-elle nécessairement exacte ?

Non. Une source peut être mal interprétée, incomplète, obsolète ou non applicable aux faits.

Les workflows automatisés réduisent-ils le risque ?

Ils peuvent améliorer la régularité des vérifications, mais peuvent également reproduire systématiquement une méthode erronée ou incomplète.


Actualité récente

En février 2026, Haiku a rejoint la première promotion du programme France LegalTech.

En juin 2026, l’entreprise a annoncé une levée de trois millions d’euros destinée à poursuivre son développement européen et technologique.

Le site officiel présente désormais une offre structurée autour de la recherche, de l’analyse, de la production et des « compétences », c’est-à-dire des workflows juridiques configurables. Il met également en avant l’hébergement en France dans l’environnement PREMI3NS.


Ressources essentielles

Base documentaire Dabo Tibi Ius

Haiku boucle un tour de financement de 3 millions d’euros pour accélérer sa croissance européenne

Haiku lève 3 millions d’euros pour accélérer dans l’IA juridique

France LegalTech : la DGE nomme les dix premières lauréates

IA juridique : actualités, LegalTechs et outils

La base consultée ne comporte pas encore de fiche autonome antérieure exclusivement consacrée à Haiku. La présente fiche combine donc les articles Dabo Tibi Ius relatifs à l’entreprise avec ses ressources officielles et des sources professionnelles complémentaires.

Ressources Haiku

Site officiel

https://www.haiku.fr

Application

https://app.haiku.fr

Sources complémentaires

Partenariat entre Haiku et le Barreau de Bordeaux

https://www.frenchtechbordeaux.com/nos-actualites/le-barreau-de-bordeaux-sallie-a-haiku-pour-equiper-ses-avocats-dun-assistant-juridique-intelligent

Présentation de Haiku par Newfund

https://newfundcap.com/company/haiku

Entretien avec Jules Touzet

https://www.decideurs-juridiques.com/legaltech-juridiques/60481-jules-touzet-haiku-notre-volonte-de-simplifier-et-d-optimiser-le-quotidien-des-cabinets-d-avocats-a-convaincu-nos-investisseurs.html

FAQ

Qu’est-ce que Haiku ?

Une plateforme française d’intelligence artificielle destinée aux avocats, juristes et professions réglementées.

Où l’entreprise a-t-elle été créée ?

À Bordeaux, en 2023.

Quel était son ancien nom ?

Clerk.

Que permet l’outil ?

Il permet principalement d’effectuer des recherches, d’analyser des documents, de générer des projets juridiques et d’automatiser des workflows.

Peut-il rechercher dans les documents internes ?

Oui, sous réserve de la configuration et des connecteurs mis en place.

Haiku est-elle une base de données juridique ?

Pas au sens classique. Elle fournit une interface de recherche et de génération connectée à des sources juridiques et aux données internes du cabinet.

Les réponses doivent-elles être vérifiées ?

Oui. Toute source, citation, analyse et production doit faire l’objet d’un contrôle professionnel.

Peut-on importer librement un dossier client ?

Non. Le secret professionnel, le RGPD, la confidentialité et la sécurité doivent être examinés avant l’importation.

Les données sont-elles hébergées en France ?

Haiku indique utiliser l’environnement PREMI3NS en France. Le périmètre contractuel et technique exact doit être vérifié pour chaque offre.

Haiku remplace-t-elle un avocat ?

Non. Elle assiste certaines tâches, mais ne remplace ni le raisonnement, ni la stratégie, ni la responsabilité du professionnel.

Qu’est-ce qu’une « compétence » dans Haiku ?

Une méthode de travail structurée et réutilisable indiquant les étapes, sources et vérifications à appliquer à une tâche.

Haiku a-t-elle conclu des partenariats institutionnels ?

Oui, notamment avec le Barreau de Bordeaux.

L’entreprise a-t-elle levé des fonds ?

Oui. Elle a notamment annoncé une levée de trois millions d’euros en juin 2026.


Méthodologie : Cette fiche a été générée avec l’assistance de l’intelligence artificielle à partir de la base documentaire et de sources juridiques complémentaires lorsque cela était nécessaire. Elle constitue une synthèse documentaire et ne remplace pas un avis juridique.


Résumé pédagogique

Définition

Haiku est une LegalTech française créée à Bordeaux en 2023. Sa plateforme utilise l’intelligence artificielle pour aider les professionnels du droit à rechercher des informations, analyser des dossiers, rédiger des documents et automatiser certaines méthodes de travail. Elle peut être connectée aux ressources juridiques externes et au fonds documentaire interne du cabinet.

Exemple

Un avocat importe les contrats, courriels et pièces d’un dossier. Haiku établit une chronologie, identifie les clauses litigieuses et propose une première note juridique en citant des sources. L’avocat doit ensuite lire les documents, vérifier les références et adapter l’analyse aux faits avant de conseiller le client ou de déposer un acte.

Problématique juridique

La connexion à la GED et aux dossiers clients permet de valoriser le savoir du cabinet, mais elle augmente les risques liés au secret professionnel, aux données personnelles et aux habilitations internes. La spécialisation juridique réduit certains risques d’hallucination sans les supprimer. Le professionnel demeure responsable de la production finale.

Cadre légal

L’utilisation de Haiku relève notamment du RGPD, du secret professionnel de l’avocat, du droit des contrats, de la propriété intellectuelle et, selon les fonctions utilisées, du règlement européen sur l’intelligence artificielle. Le cabinet doit vérifier l’hébergement, les sous-traitants, l’utilisation éventuelle des données pour l’entraînement, les durées de conservation et les mécanismes de sécurité.

Fiches Dabo Tibi Ius associées :