Fiche – Digital Services Act (DSA) et intelligence artificielle

27 juin 2026.

Présentation générale

Le Digital Services Act (DSA) constitue l’un des piliers de la stratégie numérique européenne. Adopté par le règlement (UE) 2022/2065, il vise à encadrer les intermédiaires numériques, les plateformes en ligne et les très grandes plateformes afin de renforcer la sécurité de l’environnement numérique européen.

Bien que le DSA ne soit pas un texte spécifiquement consacré à l’intelligence artificielle, il entretient de nombreuses interactions avec les systèmes algorithmiques et les technologies d’IA. Les obligations de transparence, de modération, d’évaluation des risques systémiques et d’audit imposées aux plateformes concernent directement les algorithmes de recommandation et, de plus en plus, les systèmes d’IA générative.

Le DSA forme ainsi, avec le RGPD, le DMA et l’AI Act, l’un des principaux instruments de régulation de l’écosystème numérique européen.


Points essentiels

  • Le DSA est le règlement européen relatif aux services numériques.
  • Il est applicable depuis le 17 février 2024.
  • Il encadre les plateformes, moteurs de recherche et intermédiaires numériques.
  • Il impose des obligations de transparence concernant les systèmes de recommandation.
  • Les très grandes plateformes (VLOPs) doivent évaluer les risques systémiques liés à leurs algorithmes.
  • Le DSA complète l’AI Act sans s’y substituer.
  • Les modèles d’IA générative intégrés aux plateformes peuvent relever simultanément du DSA et de l’AI Act.
  • La transparence algorithmique constitue un point de convergence majeur entre les deux règlements.

Contexte

L’essor des grandes plateformes numériques a profondément modifié la circulation de l’information, la publicité en ligne et les mécanismes de recommandation des contenus.

Les institutions européennes ont progressivement considéré que les règles héritées de la directive sur le commerce électronique de 2000 n’étaient plus adaptées aux réalités contemporaines :

  • amplification des contenus illicites ;
  • désinformation ;
  • manipulation algorithmique ;
  • risques pour les mineurs ;
  • concentration du pouvoir informationnel ;
  • opacité des systèmes de recommandation.

Le DSA constitue la réponse européenne à ces enjeux.


Le DSA et les systèmes algorithmiques

Les systèmes de recommandation

Le règlement accorde une place centrale aux algorithmes utilisés pour :

  • classer les contenus ;
  • recommander des publications ;
  • hiérarchiser des résultats ;
  • personnaliser l’expérience utilisateur.

Les plateformes doivent expliquer :

  • les principaux paramètres utilisés ;
  • les critères de personnalisation ;
  • le fonctionnement général des mécanismes de recommandation.

Cette logique rejoint directement les exigences de transparence aujourd’hui développées dans le cadre de la gouvernance de l’intelligence artificielle.


Transparence algorithmique

Le DSA ne contraint pas les entreprises à divulguer leurs secrets industriels.

En revanche, il exige une transparence suffisante pour permettre :

  • la compréhension du fonctionnement général des systèmes ;
  • l’identification des risques ;
  • le contrôle par les autorités compétentes ;
  • l’exercice effectif des droits des utilisateurs.

Cette approche est proche de celle retenue par l’AI Act pour certaines catégories de systèmes d’IA.


DSA et intelligence artificielle générative

Une articulation avec l’AI Act

Le DSA et l’AI Act poursuivent des objectifs distincts.

Le DSA régule :

  • les plateformes ;
  • les intermédiaires numériques ;
  • les moteurs de recherche ;
  • la diffusion des contenus.

L’AI Act régule :

  • les systèmes d’intelligence artificielle ;
  • les modèles d’IA à usage général ;
  • les usages à haut risque.

Un même acteur peut donc être soumis aux deux textes.

Par exemple, une plateforme intégrant un assistant conversationnel fondé sur l’IA générative peut relever :

  • du DSA pour ses activités de plateforme ;
  • de l’AI Act pour l’exploitation du système d’IA.

Les risques liés à l’IA

Les autorités européennes identifient plusieurs risques :

Désinformation

Les systèmes génératifs facilitent :

  • la production massive de contenus ;
  • la création de faux articles ;
  • la diffusion automatisée d’informations trompeuses.

Deepfakes

Les contenus synthétiques peuvent affecter :

  • les processus démocratiques ;
  • la réputation des personnes ;
  • la confiance dans l’information.

Manipulation algorithmique

Les systèmes de recommandation associés à l’IA peuvent :

  • amplifier certains contenus ;
  • orienter les comportements ;
  • accroître certains risques systémiques.

Les obligations des très grandes plateformes

Les Very Large Online Platforms (VLOPs) et Very Large Online Search Engines (VLOSEs) sont soumises à des obligations renforcées.

Elles doivent notamment :

  • réaliser des évaluations des risques ;
  • mettre en œuvre des mesures d’atténuation ;
  • accepter des audits indépendants ;
  • assurer une plus grande transparence algorithmique ;
  • coopérer avec les autorités européennes.

Ces obligations concernent directement l’usage de l’IA lorsque celle-ci participe à :

  • la modération ;
  • la recommandation ;
  • le ciblage ;
  • la personnalisation des contenus.

DSA, AI Act et gouvernance de l’IA

Complémentarité des textes

L’architecture européenne repose désormais sur plusieurs instruments :

TexteObjet principal
RGPDProtection des données personnelles
DSAServices numériques et plateformes
DMAConcurrence des plateformes structurantes
AI ActRégulation des systèmes d’IA
Data ActAccès et partage des données

L’objectif est de construire une gouvernance cohérente de l’économie numérique.


La question de la transparence

La transparence constitue le principal point de rencontre entre DSA et AI Act.

Les deux règlements visent à :

  • réduire l’opacité algorithmique ;
  • améliorer l’explicabilité ;
  • renforcer la responsabilité des acteurs ;
  • protéger les utilisateurs.

Jurisprudence et contentieux émergents

Le contentieux relatif aux plateformes et aux algorithmes connaît une forte croissance.

Les débats portent notamment sur :

  • les obligations de retrait des contenus ;
  • la modération automatisée ;
  • les biais algorithmiques ;
  • la publicité ciblée ;
  • les mécanismes de recommandation ;
  • les systèmes d’IA générative intégrés aux plateformes.

Les premières décisions interprétant le DSA devraient contribuer à préciser les obligations applicables aux opérateurs numériques utilisant l’intelligence artificielle.


Débats actuels

Le risque de sur-réglementation

Certains acteurs considèrent que l’accumulation du DSA, du DMA, du RGPD et de l’AI Act pourrait freiner l’innovation européenne.

La protection des droits fondamentaux

D’autres analyses soulignent que la régulation constitue une condition de confiance dans l’économie numérique.

Les modèles d’IA généralistes

L’intégration de modèles tels que les grands modèles de langage (LLM) dans les plateformes soulève de nouvelles questions :

  • responsabilité ;
  • transparence ;
  • contrôle humain ;
  • gouvernance des contenus générés.

Articles de la base Dabo Tibi Ius

Les analyses suivantes éclairent particulièrement les liens entre le DSA, les algorithmes et l’intelligence artificielle :

L’« omnibus numérique » : un recul et un casse-tête pour la protection des données

Cet article analyse les évolutions récentes de la régulation numérique européenne et leurs conséquences sur l’articulation entre les différents textes européens, notamment le DSA, le DMA, le RGPD et l’AI Act.

URL :
L’« omnibus numérique » : un recul et un casse-tête pour la protection des données


Ressources essentielles

Textes

  • Règlement (UE) 2022/2065
  • Règlement (UE) 2024/1689
  • Règlement (UE) 2016/679
  • Digital Markets Act

FAQ

Le DSA est-il un règlement sur l’intelligence artificielle ?

Non. Le DSA régule les services numériques et les plateformes. L’AI Act régule les systèmes d’intelligence artificielle.

Une plateforme utilisant l’IA est-elle soumise au DSA ?

Oui, dès lors qu’elle entre dans le champ d’application du règlement.

Le DSA impose-t-il une transparence algorithmique ?

Oui, notamment concernant les systèmes de recommandation.

Les IA génératives sont-elles concernées ?

Indirectement par le DSA lorsqu’elles sont intégrées à une plateforme, et directement par l’AI Act lorsqu’elles relèvent du champ d’application de ce règlement.

Quel est le principal point commun entre le DSA et l’AI Act ?

La recherche d’une plus grande transparence et d’une meilleure maîtrise des risques liés aux systèmes algorithmiques.

Méthodologie : Cette fiche a été générée avec l’assistance de l’intelligence artificielle à partir de la base documentaire et de sources juridiques complémentaires lorsque cela était nécessaire. Elle constitue une synthèse documentaire et ne remplace pas un avis juridique.

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