Fiche – Droit des assurances

13 juin 2026

Voici la version que je publierais sur Dabo Tibi Ius. Elle est restructurée selon la méthodologie documentaire du site, distingue clairement l’assurance utilisant l’IA de l’assurance des risques liés à l’IA, développe la question centrale de l’assurabilité des risques algorithmiques et intègre les enjeux du RGPD, de DORA et de l’AI Act. Source documentaire utilisée :

Fiche – Intelligence artificielle et assurance

Sources documentaires Dabo Tibi Ius mobilisées

Sources principales

« L’intelligence artificielle : un nouveau sujet de conformité »

  • Claire Quertain
  • L’Essentiel Droit des assurances, n° 2, février 2024.

« L’intelligence artificielle et le risque assurantiel : un cadre juridique en construction »

  • Margaux Redon-Magloire
  • Bulletin Juridique des Assurances, n° 95, novembre 2024.

« L’IA au service des assureurs : une nouvelle menace silencieuse pour l’indemnisation des victimes de dommages corporels »

  • Analyse doctrinale consacrée aux effets des outils algorithmiques sur les processus d’indemnisation.

Sources complémentaires

Articles de la base documentaire relatifs :

  • à l’AI Act ;
  • à la responsabilité civile ;
  • à la protection des données personnelles ;
  • à la gouvernance des systèmes d’intelligence artificielle ;
  • à la conformité réglementaire ;
  • à la cybersécurité.

Analyse documentaire

Les articles recensés dans la base documentaire montrent que l’intelligence artificielle transforme le secteur de l’assurance selon une double logique.

D’une part, les assureurs utilisent de plus en plus des systèmes d’intelligence artificielle pour améliorer leurs activités : analyse des risques, détection des fraudes, gestion des sinistres, automatisation des processus ou relation client.

D’autre part, l’intelligence artificielle devient elle-même un objet d’assurance. Les entreprises utilisant ou développant des systèmes d’IA exposent les assureurs à de nouveaux risques dont les contours demeurent encore imparfaitement définis.

Les sources convergent autour de quatre préoccupations majeures :

  • la gouvernance et la conformité des systèmes d’IA ;
  • la transparence des décisions automatisées ;
  • l’attribution des responsabilités ;
  • l’assurabilité des risques algorithmiques.

L’émergence de l’AI Act renforce encore cette dynamique en imposant de nouvelles obligations aux acteurs du secteur.


Présentation générale

Le droit des assurances regroupe l’ensemble des règles applicables aux opérations d’assurance, aux contrats d’assurance, aux organismes assureurs et à l’indemnisation des risques.

Traditionnellement fondé sur la mutualisation des risques et l’évaluation actuarielle, ce domaine connaît aujourd’hui une profonde transformation sous l’effet de l’intelligence artificielle.

Les technologies d’IA interviennent désormais dans :

  • la sélection et l’évaluation des risques ;
  • la tarification ;
  • la lutte contre la fraude ;
  • la gestion des sinistres ;
  • l’indemnisation ;
  • la relation client ;
  • la conformité réglementaire.

Cette évolution soulève des questions nouvelles relatives à la transparence, à la protection des assurés, à la discrimination algorithmique et à la responsabilité.


Points essentiels

  • L’intelligence artificielle transforme profondément le secteur de l’assurance.
  • Les assureurs utilisent des systèmes algorithmiques dans l’ensemble de la chaîne assurantielle.
  • L’IA constitue également une nouvelle catégorie de risques à assurer.
  • Les décisions automatisées soulèvent des enjeux de transparence et de non-discrimination.
  • Le RGPD, DORA et l’AI Act influencent fortement le secteur.
  • L’assurabilité des risques liés à l’IA demeure un sujet de débat.
  • La responsabilité en cas d’erreur algorithmique reste l’une des principales difficultés juridiques.

L’assurance augmentée par l’intelligence artificielle

Évaluation des risques

Les assureurs utilisent l’IA pour analyser de grands volumes de données afin de mieux apprécier :

  • la probabilité de réalisation d’un sinistre ;
  • le profil des assurés ;
  • l’évolution des risques.

Cette capacité améliore la précision actuarielle mais soulève des interrogations relatives à l’équité et à la transparence.

Tarification

L’intelligence artificielle favorise une personnalisation croissante des contrats.

Cette évolution permet :

  • une segmentation plus fine ;
  • une adaptation des primes ;
  • une meilleure anticipation des risques.

Elle peut cependant conduire à des formes de discrimination indirecte lorsque certains critères produisent des effets défavorables sur certaines catégories de personnes.

Détection de la fraude

Les assureurs utilisent de plus en plus des systèmes d’analyse prédictive afin d’identifier :

  • les déclarations suspectes ;
  • les comportements atypiques ;
  • les réseaux de fraude.

Ces mécanismes soulèvent des questions relatives à l’explicabilité des décisions et à la protection des droits des assurés.

Gestion des sinistres

L’automatisation permet :

  • l’analyse des dossiers ;
  • le traitement des pièces justificatives ;
  • l’évaluation de certains dommages ;
  • l’accélération des procédures d’indemnisation.

L’assurance des risques liés à l’intelligence artificielle

Une nouvelle catégorie de risques

L’intelligence artificielle ne constitue plus seulement un outil pour les assureurs.

Elle devient également une source autonome de risques.

Les dommages potentiels peuvent résulter :

  • d’erreurs algorithmiques ;
  • de biais ;
  • d’hallucinations ;
  • de défaillances techniques ;
  • d’atteintes aux droits fondamentaux ;
  • de violations réglementaires.

Les questions de couverture

Les assureurs doivent déterminer :

  • si les garanties existantes sont suffisantes ;
  • si de nouveaux produits sont nécessaires ;
  • comment évaluer ces risques émergents.

Cette question constitue aujourd’hui l’un des principaux débats du secteur.


L’assurabilité des risques algorithmiques

Définition

Un risque est traditionnellement considéré comme assurable lorsqu’il est :

  • identifiable ;
  • mesurable ;
  • mutualisable.

Difficultés spécifiques à l’IA

Les risques liés à l’intelligence artificielle présentent plusieurs caractéristiques particulières :

  • évolution rapide des systèmes ;
  • manque de recul statistique ;
  • opacité des modèles ;
  • effets potentiellement systémiques.

Ces éléments compliquent l’évaluation actuarielle classique.

Débats doctrinaux

La doctrine s’interroge sur la capacité des mécanismes assurantiels traditionnels à absorber les risques algorithmiques les plus complexes.

La question demeure ouverte.


Gouvernance, conformité et assurance

Un nouveau sujet de conformité

Les assureurs doivent désormais intégrer l’intelligence artificielle dans leurs dispositifs de conformité.

Les enjeux concernent notamment :

  • la gouvernance des systèmes ;
  • la documentation ;
  • les contrôles internes ;
  • la gestion des risques.

Le rôle des fonctions de contrôle

Les directions :

  • conformité ;
  • juridique ;
  • audit ;
  • gestion des risques ;

sont désormais directement impliquées dans la supervision des usages de l’IA.


Protection des données et assurance

Le secteur de l’assurance repose historiquement sur la collecte et l’exploitation de données.

L’intelligence artificielle accroît cette dépendance.

Les assureurs doivent concilier :

  • personnalisation des services ;
  • prévention de la fraude ;
  • conformité au RGPD ;
  • respect du principe de non-discrimination.

Les traitements automatisés et les mécanismes de profilage constituent des points de vigilance particuliers.


AI Act, DORA et réglementation européenne

AI Act

Les systèmes utilisés dans le secteur de l’assurance peuvent relever du champ d’application du règlement européen sur l’intelligence artificielle.

Les exigences concernent notamment :

  • la gestion des risques ;
  • la qualité des données ;
  • la supervision humaine ;
  • la documentation ;
  • la transparence.

DORA

Le règlement relatif à la résilience opérationnelle numérique impose également des obligations importantes aux acteurs financiers et assurantiels.

RGPD

Les règles relatives :

  • au profilage ;
  • aux décisions automatisées ;
  • aux données sensibles ;

conservent une importance fondamentale.


Responsabilité et contentieux

Qui est responsable ?

Lorsqu’un système d’intelligence artificielle participe à une décision assurantielle, plusieurs acteurs peuvent être impliqués :

  • l’assureur ;
  • le fournisseur du système ;
  • l’intégrateur ;
  • le prestataire technique.

L’identification du responsable dépend du contexte technique et juridique.

Décisions automatisées

Les principaux risques concernent :

  • les refus de garantie ;
  • les erreurs d’évaluation ;
  • les calculs d’indemnisation ;
  • les discriminations algorithmiques.

État actuel de la jurisprudence

La jurisprudence spécifiquement consacrée à l’utilisation de l’IA dans le secteur de l’assurance demeure encore limitée.

Les juridictions mobilisent principalement :

  • le droit commun de la responsabilité ;
  • le droit des assurances ;
  • la protection des données personnelles ;
  • les principes de non-discrimination.

Acteurs principaux

Autorités françaises

  • Autorité de contrôle prudentiel et de résolution
  • Commission nationale de l’informatique et des libertés

Autorités européennes

  • Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles

Représentation professionnelle

  • France Assureurs

Acteurs technologiques

  • fournisseurs d’intelligence artificielle ;
  • insurtechs ;
  • prestataires cloud ;
  • éditeurs de solutions analytiques.

Débats actuels

Faut-il créer des assurances spécifiques pour l’IA ?

Certains auteurs défendent la création de produits dédiés aux risques algorithmiques.

D’autres considèrent que les garanties existantes peuvent être adaptées.

L’IA améliore-t-elle l’indemnisation ?

Les partisans de l’automatisation soulignent :

  • la rapidité ;
  • la réduction des coûts ;
  • la détection de la fraude.

Les critiques mettent en avant :

  • les biais ;
  • le manque d’explicabilité ;
  • les risques d’atteinte aux droits des assurés.

Jusqu’où automatiser ?

La question de la supervision humaine demeure au cœur des débats réglementaires et éthiques.


FAQ

Les assureurs utilisent-ils déjà l’intelligence artificielle ?

Oui. L’IA intervient dans l’analyse des risques, la lutte contre la fraude, la gestion des sinistres et la relation client.

L’AI Act concerne-t-il les assureurs ?

Oui, lorsque les systèmes utilisés entrent dans le champ d’application du règlement.

Peut-on automatiser une décision d’indemnisation ?

Partiellement. Toutefois, la supervision humaine et la protection des droits des assurés demeurent essentielles.

Existe-t-il des assurances spécifiques pour les risques liés à l’IA ?

Le marché est encore émergent et les offres demeurent limitées.

Quels sont les principaux risques juridiques ?

Les biais algorithmiques, les discriminations, les erreurs de décision, les atteintes aux données personnelles et les difficultés d’attribution de responsabilité.


Pour aller plus loin

  • AI Act ;
  • Responsabilité civile et intelligence artificielle ;
  • RGPD et intelligence artificielle ;
  • Cybersécurité ;
  • Gouvernance de l’IA ;
  • Assurance et données personnelles ;
  • Insurtech ;
  • IA générative ;
  • Droit de la conformité.

Méthodologie : Cette fiche a été générée avec l’assistance de l’intelligence artificielle à partir de la base documentaire et de sources juridiques complémentaires lorsque cela était nécessaire. Elle constitue une synthèse documentaire et ne remplace pas un avis juridique.

Résumé pédagogique

Définition

L’intelligence artificielle transforme à la fois les pratiques des assureurs et la nature des risques assurés. Elle intervient dans l’évaluation des risques, la tarification, la détection de la fraude et la gestion des sinistres.

Exemple

Un assureur peut utiliser un système d’IA pour détecter des déclarations frauduleuses ou pour assister l’évaluation d’un dommage avant indemnisation.

Problématique juridique

Le principal enjeu consiste à concilier efficacité algorithmique, protection des assurés, transparence des décisions et répartition des responsabilités en cas d’erreur.

Cadre légal

Le cadre juridique repose principalement sur le Code des assurances, le RGPD, DORA, l’AI Act, le droit de la responsabilité civile et les règles de non-discrimination.